VOUS DETESTEZ JEFF KOONS !!!
MOI AUSSI

Une exposition populaire : oui, comme Louis XIV et son cortège de courtisans qu’il recevait sur sa chaise percée, machine à caca de l’époque.

Une œuvre de mécénat : oui, celle de Pinault patron d’Aillagon, défunt ministre de la culture.

C’est oublier les 300 000 euros de l’état, l’entrée payante et le concept d’exposition pour une rétrospective qui sent le civet brûlé. (Le lapin customisé affiche quand même 1986 au compteur)

Ces remarques mesquines ne concernent pas l’essentiel :
Le Pape de la décoration, son entreprise, sa centaine d’employés, ses directeurs techniques, son chef d’atelier, ses moules de fonderies : cela ne vous rappelle rien ?

Le roi de l’art officiel et sa cohorte de commandes publiques n’est rien moins que l’un de ces grands artistes - par la production et le prix - de la fin du 19ème.

On n’en attend pas moins d’un ancien trader.

De ces peintres pompiers et officiels, les réserves des musées en sont remplies.
Faites le tour des musées de province ; là ou trônent quelques biches à moteur au format géant, les collections publiques n’ont rien d’autre à nous offrir que quelques toiles taille timbre poste des impressionnistes contemporains de cette époque. Et encore, achetées à prix d’or et très tardivement.

Pourquoi ? Le débat était le même.
Là où l’institution défendait la technique, le labeur et la beauté de ces cadres dorés à vomir debout, d’autres retrouvaient le geste et la liberté de peindre.

Non, monsieur Koons n’est pas un artiste de la renaissance.

Avoir une entreprise et une pléthore d’employés ne justifie en rien d’être artiste.

Léonard et Dürer étaient des artistes officiels à la tête d’une armée d’assistants. Monsieur Vinci aimait bien gribouiller que je sache et Dürer se perdre dans la gravure.

Non, monsieur Koons, se servir de ses petits doigts n’a jamais tué personne.

De surcroît, si monsieur Koons avait déjà travaillé la résine sous vide - comme votre modeste serviteur - il aurait compris que les photos des dossiers de presse montrant des ateliers immaculés (sans hotte aspirante, sans pollution maximale, sans masque intégral et sans poussière) sont de l’ordre du fantasme pour revues bobos sur papier glacé.

Dans « Beaux Arts Magazine », on apprend que le petit « Koons qui à l’âge de 12 ans, dessinait et peignait des copies de toiles de maîtres français du 18ème siècle que son père vendait quelques centaines de dollars dans son magasin de décoration ne met plus guère la main à la pâte ».

Le mieux c’est encore de retourner faire des copies du 18ème et de les vendre avec ton papa.

C’est vraiment là ta place avec le fabricant de blanquette au formol à 13 millions d’euros.

Non, je ne suis pas réactionnaire.

Le futur, c’est la déconstruction de cette mode de l’hyperréalisme en résine synthétique n’offrant aucune liberté de création et de pensée.

Le futur, c’est dire non à l’art officiel maintenant et définitivement.

Le futur, c’est reconnaître le génie des designers anonymes qui ont inventé les icônes de notre siècle : il y plus de concept et de perfection dans n’importe quel cône de Lübeck en PVC que dans toute l’œuvre de Jeff Koons, le ready-made ne change rien à l’affaire.

Le futur, c’est respecter la matière, à savoir le plastique comme 6ème élément.

Non, le plastique n’est pas un produit de reproduction stérile et industriel.

Il mérite bien, après le travail des nouveaux réalistes, qu’on le repense avec nos neurones et leurs prolongements que sont nos petites mains.

Je m’appelle Bibi, je ne fais pas des œuvres en plastique recyclé, les cônes de Lübeck je les vole.

Les Jeffs Koons, je les taxidermise.

Un seul mot d’ordre : Tuez les tous !!!

BIBI

www.bibi.fr

« Tuez les Tous ! » - Jusqu’au 5 octobre à l’Espace Beaurepaire – 28 rue Beaurepaire – 75010 Paris

Communiqué de presse http://www.bibi.fr/actu/bibi-cdp.pdf